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Avec la lithographie va naître une recherche de la qualité du papier, de simple support, il devient matière à graver les oeuvres d'art, et la France sera dès le début particulièrement féconde en la matière, puisque c'est en 1348 qu'est construit le premier Moulin à papier. Ainsi s'est développée et a perdurée une production de qualité. La papeterie d'Arches (le célèbre vélin d'Arches qui est très souvent utilisé lors de l'édition de lithographies) a aujourd'hui cinq siècles d'histoire et de savoir-faire derrière elle. Elle fut même un temps la proprièté de Beaumarchais qui en était devenu acquéreur pour rééditer les oeuvres complètes de Voltaire. Depuis cinq siècles donc, le papier d'art est fabriqué avec les mêmes techniques, et avec la même rigueur. Ce que l'on nomme vélin regroupe en fait tous les papiers "chiffon", c'est à dire un papier composé de 25% à 100% de pâte de coton. La présence de fibres de coton dans un papier permet d'obtenir la permanence de la teinte, une très bonne conservation dans le temps et un toucher agréable. |
![]() Deux velins, l'un, en-dessous, un Arches frangé classique de 250g et au-dessus, un papier d'exception, un velin de 600g et d'une épaisseur remarquable |
Le coton arrive sous forme de feuilles appellées "chiffon". Celles-ci sont introduites dans le pulpeur (un énorme mélangeur) qui les brasse avec de l'eau de source (l'eau utilisée tout au long du processus de frabrication influe grandement sur la qualité des papiers) et du carbonate de calcium. Celui-ci est présent pour donner de la résistance au papier. Il est à noter que les papiers vélins sont fabriqués sans aucun acide. La pâte obstenue, après brassage, est mise à décanter. Les particules les plus lourdes rejoignent le fond de la cuve et sont ainsi éliminées, le papier devant être uniforme. C'est alors à la "Machine à forme ronde" de poursuivre le travail. Il s'agit d'un cylindre creux, tournant au-dessus de la cuve, sur lequel se forment les feuilles. Le cylindre, d'un diamètrre imposant, en recouvert d'une fine toile de cuivre sur laquelle est cousu le galvanos, qui permet de marquer dans l'épaisseur de chaque feuille le filigrane. Les feuilles, gorgées d'eau sont ensuite dirigées par des cylindres plus petits vers un feutre. Celui-ci absorbe une partie de l'eau restant dans la feuille et donne au papier son grain, à la fois régulier et non lisse. Durant toute l'opération, un instrument contrôle le grammage (l'épaisseur) de la feuille. C'est de la vitesse de rotation du cylindre et de la concentration de la pate dans la cuve que dépend le grammage. Le papier, ainsi formé en longs rouleaux au grammage constant part ensuite au sèchage. Suspendu en accordéon, pour gagner en surface de sèchage, le papier perd ainsi son résidu d'eau. Les papiers à fort grammage ne peuvent être suspendus ainsi, en rouleau, ils le sont feuille par feuille, découpés avant le sèchage. Il faut entre 24 et 48 heures de sèchage à un papier d'art pour être fin près à être emballé et expédié chez les imprimeurs, lithographes et graveurs. Certains papiers sont envoyés en rouleaux, d'autres découpés, selon l'utilisation qui en sera faite. Enfin une petite précision, il existe un très grand papier d'art, renommé dans le monde entier et qui n'est pas fabriqué en France, il s'agit du papier Japon (ou papier japonais, le washi), un papier fabriqué à base de fibres longues issues notamment du kozo une plante appartenant à la famille des muriers. D'une immense résistance, ce papier est moins souple que le vélin et lorsque la fibre a été pliée, il est malheureusement définitivement cassé, ce qui n'est jamais le cas d'un Arches qui peut toujours être "récupéré", même après pliure ou cornure sévère, notamment à l'aide d'un fer à repasser ! Pour terminer ce tour d'horizon du papier, il est à noter que tout comme les toiles qui ont des dimensions standardisées (Paysages, Figures, Marines), il existe des dimensions spéciales, et des noms particuliers, pour les lithographies et gravures (même si le choix d'un format revient d'abord à l'artiste). Ainsi une feuille mesurant 75 x 55 cm (environ) est appelée un Jesus, tandis que pour une feuille plus petite de 50 x 65 cm, on parlera d'un Raisin. |
![]() Un papier Japon photographié dans la transparence de sa fibre |
![]() Le dos d'une lithographie réalisée avec la technique du carborundum, le relief exceptionnel de ce gauffrage est à noter. Seul un papier particulièrement résistant (et souple à l'utilisation) permet cela |
![]() Détail d'une gravure d'Alain SOUCASSE, sur un exceptionnel papier du Moulin de Larroque, remarquable pour son épaisseur, sa souplesse et sa résistance. L'un des rares papiers à permettre un tel relief... |
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![]() Un velin d'un grammage de 600g, à la surface magnifiquement travaillé |
![]() Un célèbre filigrane Arches France accompagné du symbole infini, présent pour rappeler la capacité de ces papiers à perdurer dans le temps |
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