Quand l'original devint multiple...
Jusqu'à l'invention de l'imprimerie, l'art est original et obligatoirement unique. De la peinture aux enluminures, c'est la main de l'homme qui dessine et peint.

Les premières gravures sont réalisées sur bois, puis le cuivre prend son essort, mais son coût demeure important.Trop, en tout cas, pour Aloys Senefelder, piètre auteur de théâtre sans le sou qui veut faire imprimer ses oeuvres et qui a l'idée d'utiliser la pierre en 1796.

Très rapidement, la lithographie se heurte au problème de la couleur. Au début, après une simple impression de noir, chaque planche était coloriée à la main. L'idée d'utiliser une pierre par couleur naît dans les esprits, mais c'est Godefroy Engelmann qui, en 1887, le premier entreprend de décomposer la palette en trois couleurs primaires - rouge, bleu et jaune - , ajoutant ensuite le noir, via une quatrième pierre. C'est par supperposition que toutes les autres nuances sont obtenues.

Les impressionnistes, qui régnent alors sur la peinture, s'enthousiasment pour cette technique qui leur premet de restituer toute la gamme des chatoiements de leurs oeuvres. Ensuite, c'est avec Toulouse-Lautrec que la lithographie connaîtra sa vraie reconnaissance, et ouvrira l'ère de l'orignal multiple.