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| Sur les rives de la Méditerranée, de Massalia à Marseille, comme l'a si justement mis en relief
Alain Soucasse, c'est toute une histoire qui s'étire le long des calanques, à l'ombre des pins parasols, sur cette terre rouge, toujours baignée par une lumière unique Ils sont tombés amoureux... Depuis le début du XXe siècle, bien des artistes sont venus peindre en Provence, trouvant paysages, climat, douceur de vivre qui leur ont permis de créer en toute quiètude. Pour certains, des premiers voyages de découverte à une installation permanente, le pas a été vite franchi. Matisse et Nice En décembre 1917, Henri MATISSE vint soigner une bronchite à Nice et tomba éperdument amoureux de la Baie des Anges : "Quand j'ai compris que chaque matin je reverrais cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur. Je décidai de ne pas quitter Nice, et j'y ai demeuré pratiquement toute mon existence." En 1938, Matisse fait l'acquisition de deux appartements dans un ancien hôtel construit par Biasini en 1897 (à l'origine, l'établissement a été édifié pour accueillir la Reine Victoria et la vaste colonie britanique de Nice). C'est là qu'il passera la quasi totalité du reste de son existence (exception faite de la période 1943-1949 où il résida à Vence). Dans le quartier Cimiez (près des arènes du même nom) et non loin de l'immense batisse rouge qui abrite aujourd'hui le musée Matisse, entouré de ses objets, de ses tentures, de ses assistantes, il créa là, chez lui, ce qui fit sa gloire et qui influença durablement toute la génération suivante de peintres : les célèbres papiers gouachés découpés (cf Jazz). Hartung à Antibes Si Matisse peignit la Provence et Nice, au sens figuratif du terme, Hans HARTUNG vécut la Provence (et plus globalement le bassin méditerranéen) plus comme une terre lui permettant d'apaiser ses angoisses et de libérer sur la toile les fracas et les échos des horreurs qu'il avait traversées que comme sujet d'une toile ou d'une période. Pourtant, avec Anna-Eva Bergman, sa femme, il passa près de vingt ans à Antibes où est aujourd'hui érigée la Fondation Hartung-Bergman. Priking : un Flamand en Arles Franz PRIKING, l'Allemand expressionniste au trait noir apporta tout son monde en Provence. Il sut intégrer son style (le glacis hérité de l'école flammande) aux teintes du sud et fit ainsi naître dans son oeuvre toute une série de paysages post-fauvistes très enthousiasmants par leur force et leur facilité d'approche. Brayer danse en Camargue Pour Yves BRAYER, le Versaillais, la découverte de la Provence (et notamment des étendues sauvages de la Camargue) se fit au tout début des années 50. Cette véritable révolution dans le travail du peintre est visible aussi bien par le choix de ses sujets, que par l'utilisation de la couleur qui en découla. Il introduisit, dès les premières toiles réalisées dans le Sud, des teintes qui n'étaient jamais encore apparues dans ces oeuvres, comme le bleu ou le vert. Ainsi en foulant les rives de la Méditerranée, Brayer trouva de nouveaux sujets, de nouvelles couleurs... se trouva sans doute lui-même. Picasso : Voyageur en Provence PICASSO, l'Andalou, qui arpentait les rues de la Capitale comme si elles étaient celles de son enfance, aima très vite trouver refuge en Provence, pour se ressourcer, pour y travailler différemment (Vallauris et la céramique), pour y vivre parfois loin des femmes qui peuplaient sa vie parisienne... De Golfe-Juan à Vauvenargues, de Mougins à la villa "La Californie", Picasso parcouru la Côte d'Azur, s'y trouva chez lui, y trouva l'amour ! Des rivages de Malaga aux rivages de Cannes, c'était toujours la même Méditerranée et Picasso y amena son amour pour ces paysages bleus. Certaines toiles comme "Les pigeons" ou le "Paysage méditerranéen" ne sont d'ailleurs pas sans évoquer le travail de Matisse à la même époque. Et les demoiselles A propos de Picasso et de la Provence... "Les demoiselles d'Avignon", célèbres de par le monde et qui donnèrent naissance au cubisme (avec le "Grand Nu" de Georges Braque) ne doivent pas leur nom à la célèbre cité des Papes, mais au quartier chaud de Barcelone "Carrer d'Avinyo" où de nombreux etablissements abritaient des prostituées, les fameuses "Demoiselles". Je viens du sud Si certains y sont venus, d'autres y sont nés. Peintres et provençaux de culture, parfois symboles de leur enracinement, parfois juste voyageurs ayant pour port d'attache leur ville de naissance. Quilici : faire le tour de la Méditerranée Jean-Claude QUILICI, le marseillais, prodige qui exposa dès sa seizième année et dont toute l'oeuvre est ancrée dans la culture et les couleurs du bassin méditerranéen. Des terres noires de Santorin la volcanique au port de Mykonos la grecque, des calanques de Cassis à l'arrière pays des Baux, Quilici aime la Provence et celle-ci le lui rend bien. La douceur de Gaveau Originaire de l'arrière pays, Claude GAVEAU est un merveilleux paysagiste aux limites de l'abstraction rêveuse, dont l'extrême douceur des pinceaux et des brosses sur la toile rappelle toute la volupté qui habite la terre de Provence. Et de la lumière et des teintes pastelles, il tire une peinture où chaque nuance est un battement de coeur; où tous les gris peuvent cohabiter sur la surface douce d'un rocher en bord de mer. Soucasse : Voyager pour mieux revenir Si c'est de Suède (et en Suède) que la reconnaissance est d'abord venue pour Alain SOUCASSE, c'est pourtant la Méditerranée et ces multiples brassages et influences qui sont au coeur de son oeuvre. Parce qu'il est lui-même un voyageur, c'est dans les apports venus d'ailleurs qu'il a aimé sa terre, c'est dans le "MetissAge" qu'il lui a trouvée sa vérité. Car Soucasse peint et grave des petits morceaux d'une culture qui fait autant référence au passé, à l'intemporel, qu'à la modernité qui vient sans cesse redessiner les rivages des pensées pré-établies. Alors en cet été qui débute sous un soleil de plomb, bienvenus en Provence... Artistiquement vôtre Passion Estampes |
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