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La lithographie provient du livre "Les Chevaux de Dali", édité par Armand & Georges Israël, tiré à 4980 exemplaires sur les presses de l'Imprimerie Nationale en juin 1983 d'après une série de gouaches de 1970
Animal fabuleux s'il en est, la Licorne a suscité plus de littérature et de peintures (ou de tapisseries "La Dame à la Licorne" au musée de Cluny) que bien des animaux réels... Peut-être parce que le rêve est un état inhérent de l'homme,
peut-être parce qu'il n'est rien de plus extraordinaire qu'un animal sensé disposer de pouvoirs fabuleux que très peu d'élus ont eu la chance d'apercevoir. La Licorne a donc habité l'imaginaire collectif pendant plus de vingt
siècles (on en trouve trace dans des textes datés de 400 avant J.C.) en ne faisant pas la moindre apparition. Sa corne, par contre, était, elle, bien présente et notamment aux tables des Rois et des Princes où elle était sensée
être le meilleur des révélateurs de poison (on lui prêtait l'extraordinaire pouvoir de devenir toute noire si elle entrait en contact avec un poison quelconque). Le poison (ou plutôt les poisons) occupait une large place dans les sociètés
du Moyen-Age ou de la Renaissance. Avant que la médecine, la chirurgie et la médecine légale ne se développent, la plupart des décès étaient inexpliqués. Et parce que l'homme préfère une mauvaise certitude à pas de certitude du tout, la solution
de l'empoisonnement était un recours finalement "rassurant" !
La corne de Licorne avait donc trouvé sa place sur les tables des grands de ce monde, jusque dans le verre du Roi de France où un morceau flottait en permanence... Mais alors si la Licorne n'existait pas, d'où provenaient toutes
les cornes utilisées ? La corne du rhinocéros d'abord, puis celle de l'oryx, avant que la dent du Nerval ne vienne contenter tout le monde par sa forme gracile et sa jolie longueur. La corne de Licorne était donc finalement facilement
trouvable pour ceux qui en faisaient commerce ! Dali, lui, choisit de représenter l'animal mythique tel qu'il fut longtemps décrit : de la taille d'un cheval mais avec les jambes plus courtes et de ce beige/blanc qui lui octroie
la parrure du divin... Est-ce pour cela que la silhouette est agenouillée au pied du bel animal, suppliante comme si l'extraordinaire de cette créature pouvait sauver l'être pénitent ? |
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