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La lithographie provient du livre "Les Chevaux de Dali", édité par Armand & Georges Israël, tiré à 4980 exemplaires sur les presses de l'Imprimerie Nationale en juin 1983 d'après une série de gouaches de 1970
Longtemps avant la mécanisation l'homme dut avoir recours à l'aide animale pour cultiver et rendre nourricière sa terre. D'abord ce fut le boeuf lourd et lent, puis le cheval puissant et énergique.
S'il a disparu de nos champs et de nos campagnes comme animal de labour, le cheval tractant les tombereaux est demeuré dans l'imaginaire collectif, comme si nous savions tous ce que nous devons finalement à ce courageux compagnon.
Il y a longtemps, les chevaux ont donc été séparés en deux "castes", celle noble des chevaux légers et rapides, coursiers, montures de chevaliers puis destriers de sportifs, et celle moins "glorieuse" des chevaux de trait, de labour, de labeur, comme l'exprime si puissamment Dali.
Ce cheval courbé, ployé sous l'effort, ce cheval qui avance tandis que l'homme brandit la chambrière, ce cheval-là est celui qui nous a nourri, nous a permis de survivre et que l'on a oublié dans nos remerciements, comme son cousin qui arpentait les galeries des mines arrimé à des wagonnets de charbon.
Ce cheval-là, c'est sa sueur, son sang qui ont nourri la terre qui ensuite, à son tour, a nourri l'homme.
Ce cheval-là, c'est celui qui se sacrifie à la tâche, conscient de sa valeur, généreux dans son effort. Dali lui donne une place de choix, méritée, entre Bucéphale et le cheval du Centurion Romain. Car ce cheval de labeur est un animal glorieux, qui au soleil éclairant la terre de sa splendeur, poursuit la
tâche qui est la sienne; la tâche de celui qui aide, donne et nourrit l'homme dont il est le plus fidèle des amis... |
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